"Paris, un film noir", Christian Dumont
Photographier la nuit à Paris, c’est profiter de multiples sources de lumière : lampadaires, vitrines éclairées, panneaux publicitaires, phares des voitures etc… Un éclairage violent qui éclaire la rue comme si c’était un spectacle. Et quand la lumière se fait rare ou inexistante le contraste est saisissant, parfois inquiétant. Les rues étroites deviennent des couloirs d’ombre, les façades des décors fatigués, et les fenêtres éclairées des plans fixes où se devinent des vies secrètes. Errer la nuit, c’est accepter de perdre ses repères. Le temps ralentit, se dilue. Les heures n’ont plus d’importance. La ville devient un espace intérieur, une projection des pensées qui s’enchaînent librement. Chaque rue semble mener à un souvenir, chaque détour à une question laissée en suspens. Les passants sont rares, presque irréels. Ils apparaissent en pleine lumière puis disparaissent sans bruit, silhouettes furtives dont on ne retient ni le visage ni la direction. La nuit à Paris on est dans un film noir permanent. Christian Dumont